Trancher le nœud gordien

Yvonne (27 ans) est très heureuse: c’est justement elle qui a obtenu l’emploi. Enfin, de nouveau un revenu! Même si, même pour des besoins modestes, il suffit à peine. Maintenant, il lui faut passer correctement la période probatoire, et elle aura encore avancé un petit peu dans sa vie. Mais ensuite: Yvonne remarque qu’elle est enceinte! C’en est à nouveau fini de son espoir de nouvelles perspectives.

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Son emploi et son salaire ne suffisent pas pour éduquer et entretenir un enfant. Le père de son enfant n’est pas un soutien, au contraire: cela ne le concerne pas, voilà sa première réaction! Yvonne ne mange et ne dort presque plus, et elle est sujette à des états de panique. Elle pense à l’avortement. Ses meilleures amies le lui conseillent elles aussi: il faut avorter, absolument. Dans cette situation, à la huitième semaine de grossesse, elle trouve, grâce à un tract de la centrale d’appels d’urgence, le moyen de contacter l’ASME. L’essentiel du message d’Yvonne lors de la première conversation: «Je ne peux avoir cet enfant!»

L’enchevêtrement de difficultés dont la conseillère prend connaissance lui semble un nœud gordien.

La jeune femme a des tendances dépressives ainsi que d’autres problèmes de santé, dans nombre de domaines elle ne connaît pas ses droits légaux, elle n’a presque pas de réseau social et vit à la limite du minimum vital. Pour la conseillère de l’ASME, les choses sont claires: cette situation représente un danger pour la vie de l’enfant à naître et il faut que cette jeune femme sente vite qu’elle n’est pas seule, qu’à l’ASME, on comprend ses problèmes et qu’elle peut compter sur une aide compétente. – Aussitôt dit, aussitôt fait. Et bientôt, Yvonne trouve le courage nécessaire pour dire Oui à son enfant. La conseillère ne fait pas relâche. Elle montre maintenant à Yvonne comment s’atteler concrètement à ses différents problèmes. Mais voilà un nouveau coup d’assommoir: durant sa période probatoire, la jeune femme est remerciée. Pourtant, grâce à l’aide de l’ASME, elle peut surmonter ce défi-là aussi. Par la suite, l’ASME l’aide à se préparer peu à peu à l’accouchement. Yvonne reçoit des vêtements pour enfant, une poussette et une aide supplémentaire pour le trousseau nécessaire en vue de l’arrivée d’un enfant.

Quand Clara vient au monde, les yeux d’Yvonne voient un nouveau sens à sa vie. Elle ressent soudain sa fille comme une grande force et une grande motivation dans sa vie.

La présence de Clara fait aussi que la fierté d’être père grandit chez le partenaire d’Yvonne. Celui-ci se réconcilie avec la mère de son enfant, et il est résolu à maîtriser la vie avec elle et l’enfant. Yvonne sait que l’ASME l’a aidée de manière essentielle à avoir une vie meilleure, une vie dont laquelle, maintenant, Clara elle aussi fait partie, et elle en est très reconnaissante. Elle dit à sa conseillère: «Sans votre aide, je n’y serais jamais arrivée. Merci beaucoup, beaucoup! Je suis hyper-fière de ma fille. Je ne peux plus imaginer la vie sans elle.»